Époque · Divio, la forteresse gallo-romaine
Le castrum de Divio
Fin du IIIe siècle, démoli en 1439
L’essentiel
Un rempart de 1,2 km protège 11 hectares de la ville antique : c’est le cœur de la future Dijon.
L’anecdote
Pour le bâtir, on a réemployé des blocs taillés venus de monuments publics et de tombeaux de la ville antique.
L’histoire en détail
Avant de s’abriter derrière des murs, Divio est une agglomération ouverte d’une trentaine d’hectares, née au début du Ier siècle après J.-C. sous l’actuel centre historique, à plus de 500 mètres à l’ouest de la grande voie romaine qui relie Lyon à Trèves. À la fin du IIIe siècle, l’enceinte ne protège plus qu’une partie de cette ville : avec d’autres bourgs du val de Saône, Dijon veille désormais sur la route militaire. Certains quartiers restés dehors se vident, comme celui que les archéologues ont retrouvé près de la rue des Godrans, déserté à partir du IVe siècle au profit de la ville fortifiée.
Le rempart est ponctué de tours rondes ou en demi-cercle, larges de 6 à 8,50 mètres et hautes de plus de 7 mètres. Vers 570, Grégoire de Tours lui prête des murs de 30 pieds de haut et 15 d’épaisseur (le pied est une ancienne mesure de longueur), en grosses pierres carrées jusqu’à 20 pieds, puis en pierres plus petites. Il rapporte aussi que, d’après les anciens, l’empereur Aurélien l’aurait fait bâtir, et que le Suzon entrait par une porte, passait sous un pont et ressortait par une autre.
Les fouilles, elles, ont repéré trois portes. La mieux connue, au sud-ouest, dans l’axe de la rue Amiral-Roussin, menait vers la nécropole Saint-Bénigne, le cimetière situé hors les murs. Une autre, dite porte Saint-Étienne, s’ouvrait au nord-est, et une troisième est probable au sud, rue de l’École-de-Droit. La « porte aux Lions », que suggère un nom de lieu, reste une hypothèse jamais confirmée. À l’intérieur, au Ve siècle, après le saccage de Langres, s’installe un groupe cathédral de remplacement : une « grande église », la résidence des évêques et un baptistère. Plus tard, le palais des ducs naîtra d’une simple forteresse adossée au mur antique.
Le castrum perd peu à peu son rôle défensif, sans doute dès le XIe siècle, et ses pierres finissent par renforcer la grande enceinte de la ville. Ses vestiges dorment aujourd’hui en moyenne à plus de 3 mètres sous nos pieds. Le plus long tronçon visible se trouve au musée Rude, rue Vaillant, dans le chœur de l’ancienne église Saint-Étienne : 18 mètres de long sur 3,70 mètres de large, à côté d’une crypte du XIe siècle. Au 13 rue Charrue, la tour du Petit Saint-Bénigne garde dans sa partie basse des moellons de calcaire réguliers liés par un mortier de chaux caractéristique ; le haut, percé de fenêtres, a été transformé à partir de cette époque. Propriété privée, elle est classée monument historique depuis le 26 juillet 1922. Rue Longepierre, un pan de mur et une tour ont été dégagés en 1955.
Pour aller plus loin
Grégoire de Tours décrit 33 tours et 4 portes ; les textes et l’archéologie en attestent 18. En 1439, Philippe le Bon fait démolir le rempart et réemploie ses pierres. Seule la tour du Petit Saint-Bénigne, rue Charrue, est encore debout : transformée en chapelle au Moyen Âge, elle a échappé à la démolition.
Pour approfondir
Le dossier officiel le plus complet sur ce lieu, avec plans, illustrations et détails.
Ouvrir le dossier ↗Ville de Dijon, VAH : parcours Dijon antique (PDF)