De Divio à Dijon

Époque · L’âge d’or des ducs Valois

Palais des ducs et des États de Bourgogne

1365, palais classique à partir de 1681

L’essentiel

La résidence des ducs, transformée à partir de 1681 par Jules Hardouin-Mansart. Elle abrite l’hôtel de ville depuis 1831 et le musée des Beaux-Arts.

L’anecdote

La tour de Bar doit son nom à un prisonnier : René d’Anjou, duc de Bar, enfermé ici en 1431.

L’histoire en détail

Le palais trouve vraisemblablement ses origines à l’époque mérovingienne. Au XIIe siècle, ce n’est encore qu’une simple résidence adossée au rempart du castrum, utilisée par les ducs capétiens. À partir de 1365, les ducs Valois le reconstruisent peu à peu. La tour de Bar, d’abord appelée « tour neuve », sert notamment de résidence à la duchesse et à ses enfants. Au pied du logis, le square des Ducs occupe l’emplacement du petit jardin que Marguerite de Flandre, épouse de Philippe le Hardi, avait fait aménager autour d’un grand bassin.

Le logis de Philippe le Bon, bâti de 1450 à 1456, est un symbole de la puissance des ducs. Son rez-de-chaussée voûté, où se trouve aujourd’hui la salle des mariages, abritait un grand cellier, la chambre des joyaux, qui gardait bijoux et vaisselle, et l’échansonnerie, la réserve de vin. Au premier étage logeaient le duc et la duchesse lors de leurs venues, avec la grande salle des réceptions. La tour de la Terrasse, aujourd’hui tour Philippe le Bon, est élevée en même temps pour desservir les étages. Vouée à la destruction au XVIIe siècle, elle est finalement conservée et sert au siècle suivant à observer le ciel. Dans les cuisines ducales, la clé de la voûte à huit ogives s’ouvre sur le conduit d’appel d’air.

Après le rattachement de la Bourgogne au royaume de France en 1477, l’hôtel ducal devient le « logis du Roi ». En 1614, le gouverneur Roger de Saint-Lary, duc de Bellegarde, ajoute une galerie dans le goût de la Renaissance. Les États de Bourgogne, l’assemblée du clergé, de la noblesse et du tiers état, se réunissent à Dijon tous les trois ans à partir de 1668. Pour eux s’ouvre en 1681 un chantier de plus d’un siècle : la salle des États, puis l’escalier de Jacques Gabriel, bâti de 1733 à 1738, sous les voûtes duquel sont aujourd’hui conservées les archives municipales. En face, l’hémicycle d’arcades de la place Royale, achevé en 1689, accueille en 1725 une statue équestre de Louis XIV, fondue à la Révolution.

L’école de dessin fondée en 1766 par le sculpteur François Devosge s’installe au palais, qui accueille un musée à partir de 1799. Au milieu du XIXe siècle, Louis Belin bâtit l’aile du musée à l’emplacement de la Sainte-Chapelle, qui fermait la cour de Bar jusqu’en 1802 et avait été le siège de l’ordre de la Toison d’or. De 2009 à 2019, la rénovation du musée ajoute un « toit doré », signature de l’architecte Yves Lion. Bien plus tard que les ducs, le chanoine Kir, maire de Dijon, offrait un vin blanc à la crème de cassis aux visiteurs qu’il recevait dans les cuisines ducales.

Pour aller plus loin

La tour Philippe le Bon, bâtie vers 1450-1456, mesure 46 m : 316 marches pour voir toute la ville. Les cuisines ducales, achevées en 1435, ont six cheminées monumentales. Les tombeaux de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur sont exposés au musée des Beaux-Arts.

Pour approfondir

Le dossier officiel le plus complet sur ce lieu, avec plans, illustrations et détails.

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Ville de Dijon, VAH : Focus palais des ducs (PDF)

Sources