De Divio à Dijon

Époque · L’âge d’or des ducs Valois

Saint-Bénigne

VIe siècle, église gothique 1281-1393

L’essentiel

Une abbaye née autour du tombeau de saint Bénigne, devenue cathédrale en 1792. Sa flèche culmine à 93 mètres.

L’anecdote

Vers 1030, le chroniqueur Raoul Glaber la juge « plus admirable que les basiliques de toute la Gaule ».

L’histoire en détail

Selon la tradition, Bénigne est un Grec envoyé en Gaule au IIe siècle par l’évêque de Smyrne, l’actuelle Izmir en Turquie. Passé par Autun et Langres, il s’installe à Dijon et y meurt en martyr vers 179. Sa tombe, hors du castrum, attire les fidèles : un premier bâtiment l’entoure au début du VIe siècle. Vers 850, sous Charles le Chauve, l’église est agrandie pour des pèlerins toujours plus nombreux, et un bourg animé grandit autour de l’abbaye. Les fouilles y ont retrouvé maisons, ateliers, rues et silos des environs de l’an Mil.

Moine de Cluny issu d’une grande famille du Piémont, Guillaume de Volpiano réforme l’abbaye à partir de 989. Dans sa rotonde, deux escaliers en colimaçon reliaient les trois niveaux, et les pèlerins gagnaient le tombeau du saint, placé dans une crypte sous le transept. Les chapiteaux de ses 132 colonnes comptent parmi les premiers de l’art roman à montrer des hommes et des animaux, et le marbre comme la mosaïque rappelaient le Panthéon de Rome, temple rond devenu église. À l’est, un bâtiment rectangulaire superposait trois chapelles.

Lancée sous l’abbé Hugues d’Arc, l’église gothique garde la rotonde accolée à son chevet, et son portail est bâti à l’endroit exact de l’ancien. Le chantier dure un siècle. Sa flèche, attestée dès le début du XVe siècle, doit être refaite plusieurs fois après la foudre ou des incendies. À partir de Philippe le Hardi, chaque nouveau duc y est béni et reçoit de l’abbé un anneau orné de rubis. De 1740 à 1745, Karl-Joseph Riepp y construit un orgue de 47 jeux sur 4 claviers, sans doute le plus grand de France à son époque.

En 1792, les deux étages supérieurs de la rotonde sont abattus et le niveau inférieur est comblé. La Commission des antiquités de la Côte-d’Or en retrouve des parties dans les années 1840, puis la sacristie élevée à partir de 1859 par l’architecte Jean-Philippe Suisse le fait dégager et restaurer, ou plutôt réinterpréter. Au milieu des années 1890, Charles Suisse reconstruit la flèche, où se dressent notamment les statues de Philippe le Bon et de sainte Jeanne de Chantal. Entre-temps, la cathédrale a aussi recueilli les restes des ducs inhumés à la chartreuse de Champmol.

Restauré de 2020 à 2023, le niveau inférieur de la rotonde se visite de nouveau depuis 2024, avec un guide, au chevet de la cathédrale. Tout près, l’ancien dortoir des moines, du XIIIe siècle, abrite le musée archéologique depuis 1934 ; le square des Bénédictins occupe à peu près la place du cloître. Du palais abbatial dessiné par Charles Saint-Père, une seule des trois ailes prévues a été construite, de 1767 à 1772 ; une école d’art l’occupe depuis 1920.

Pour aller plus loin

En 1001, Guillaume de Volpiano lance une abbatiale romane de plus de 100 m et sa rotonde de trois niveaux. Après la chute d’une tour en 1271, l’église gothique est bâtie à partir de 1281 et consacrée en 1393. Ses tuiles polychromes, sans doute d’origine, en font le seul édifice religieux de Dijon à garder sa parure colorée.

Pour approfondir

Le dossier officiel le plus complet sur ce lieu, avec plans, illustrations et détails.

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Ville de Dijon, VAH : Focus Saint-Bénigne (PDF)

Sources