De Divio à Dijon

Époque · La ville des parlementaires

Saint-Étienne

Ve siècle, façade de 1718-1723

L’essentiel

La première église de Dijon, fondée à l’intérieur du castrum au début du Ve siècle.

L’anecdote

Le sculpteur Claus Sluter, auteur du Puits de Moïse, s’est retiré à l’abbaye Saint-Étienne à la fin de sa vie.

L’histoire en détail

Au Ve siècle, le castrum paraît assez sûr pour que les évêques de Langres, dont dépend Dijon, y installent une résidence. Autour d’eux se forme un groupe cathédral, c’est-à-dire l’ensemble des bâtiments d’un évêque : l’église épiscopale Saint-Étienne, une chapelle dédiée à la Vierge et le baptistère Saint-Vincent. Une communauté de clercs dirigée par un abbé les dessert. Aucun de ces édifices n’a survécu : le baptistère, resté debout jusqu’en 1765, ne vit plus que dans le nom de la cour Saint-Vincent.

Au XIe siècle, l’abbé Garnier de Mailly voit plus grand. La première église, jugée trop modeste, devient l’église paroissiale Saint-Médard, et une nouvelle église Saint-Étienne s’élève un peu plus au sud, à son emplacement actuel. Longue de 60 mètres, elle compte une nef, un transept, une crypte et une triple abside qui franchit le mur du castrum. À la fin du Moyen Âge, l’abbaye contrôle l’essentiel de la vie religieuse de la ville. Son abbé arbore les insignes réservés aux évêques ; elle possède maisons, moulins et vignes, et accueille des personnes âgées qui lui donnent leurs biens en échange de soins.

L’église change ensuite plusieurs fois de visage. Vers 1480, l’abbé Richard Chambellan fait reprendre l’abside, éclairée de grandes fenêtres gothiques. Après l’effondrement de la nef, l’abbé Claude Fyot la fait rebâtir dans le style gothique, et ses armoiries ornent encore certaines clés de voûte ; Saint-Médard est démolie en 1680. Pour la façade, Martin de Noinville superpose, à la mode italienne, deux ordres antiques (des styles de colonnes), l’ionique et le corinthien. Les statues de la Religion et de la Constance qui l’encadraient ont disparu, mais le bas-relief du portail, la lapidation de saint Étienne sculptée par Jean-Baptiste et Edmé Bouchardon, orne aujourd’hui le tympan de la cathédrale Saint-Bénigne.

Après la Révolution, la Ville achète l’édifice en 1809. Quand la Bourse de commerce s’y installe en 1896, l’entrée reçoit deux statues du Dijonnais Paul Gasq, identifiées par tradition comme le Commerce et l’Industrie, tandis que le chœur et le bras nord du transept servent de réserve aux décors du théâtre voisin. Le musée Rude s’y installe ensuite, avec ses moulages des œuvres du sculpteur François Rude, dont le Départ des volontaires de 1792, surnommé « La Marseillaise », qui orne l’Arc de triomphe de l’Étoile à Paris.

Rue Chabot-Charny, la porte fortifiée de l’abbaye du XIVe siècle, surmontée d’un petit logis, porte encore l’inscription « Ave sancte Stephane » en lettres gothiques. La salle capitulaire du XVIIe siècle, où se réunissaient les religieux, et le cloître sont accessibles depuis la bibliothèque. Dans le chœur du musée Rude, un tronçon du castrum voisine avec les restes de la crypte du XIe siècle.

Pour aller plus loin

Les évêques de Langres y résident du Ve au IXe siècle. Consacrée en 1077, reconstruite après l’effondrement de sa nef en 1671, elle reçoit sa façade en 1718-1723 et devient cathédrale de 1731 à 1792. Halle aux blés puis Bourse de commerce, elle abrite depuis 1947 le musée Rude et, depuis 2009, la bibliothèque La Nef.

Pour approfondir

Le dossier officiel le plus complet sur ce lieu, avec plans, illustrations et détails.

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Ville de Dijon, VAH : Focus Saint-Étienne (PDF)

Sources