Époque · Dijon devient française
Les remparts de la ville
Après 1137, démolis de 1824 à 1897
L’essentiel
Après 1137, une enceinte de 97 hectares, avec 18 tours et 11 portes, englobe le castrum et les bourgs. Au XVIe siècle, des bastions la renforcent.
L’anecdote
Au XVIIIe siècle, le haut des remparts devient une promenade plantée. Enfant, Gustave Eiffel gardera toute sa vie le souvenir du rempart Tivoli.
L’histoire en détail
Selon l’Inventaire de la Région, c’est le duc Hugues II qui décide, après l’incendie de 1137 rapporté par la tradition, de doubler le castrum par une nouvelle muraille. Elle englobe les faubourgs nés autour des abbayes Saint-Bénigne et Saint-Étienne, mais aussi de larges espaces vides, ménagés pour attirer de nouveaux habitants. Au nord, le Suzon entre en ville par une « porte d’eau » gardée par la tour aux Ânes, mentionnée dès 1314. Au milieu du XIVe siècle, à l’initiative de la reine Jeanne, une allée est aménagée derrière le rempart, et en 1439 Philippe le Bon renforce l’enceinte avec les pierres du vieux castrum.
Le siège de 1513 révèle ses faiblesses : le 11 septembre, une brèche s’ouvre entre la porte d’Ouche et la porte Guillaume, et seule la promesse d’une énorme rançon par le gouverneur Louis de La Trémouille éloigne les assiégeants. La modernisation commence en 1515 par un boulevard en fer à cheval devant la porte Saint-Pierre. En 1536, les faubourgs sont rasés pour dégager les abords. L’ingénieur siennois Girolamo Bellarmato dessine ensuite des bastions, ouvrages en pointe avancés devant le mur : celui de Guise, commencé en 1547 pour surveiller la porte d’Ouche, celui de Saint-Nicolas, achevé en 1552, puis celui de Saulx, du nom du maréchal Gaspard de Saulx.
Sous Louis XIII, des demi-lunes, ouvrages de terre placés en avant, protègent les cinq portes de la ville. Mais après la conquête de la Franche-Comté, la frontière s’éloigne de plus de 150 kilomètres et Dijon est déclassée comme place forte en 1711. Le rempart devient lieu de promenade : le cours Fleury, long de 240 mètres, aligne trois rangées d’arbres, et le bastion de Guise est planté au XVIIIe siècle.
La démolition commence en 1824 par le boulevard Saint-Pierre, remplacé par une place ronde, l’actuelle place Wilson. Le bastion Saint-Nicolas tombe en 1847 et cède la place en 1855 à une autre place circulaire, l’actuelle place de la République. Le 11 novembre 1865, le conseil municipal lance un concours pour supprimer les remparts et tracer des boulevards sur leur emprise. Le château de Louis XI, bâti à cheval sur le rempart, disparaît le dernier, en 1897, au profit de l’hôtel des Postes.
Le bastion de Guise, rue des Corroyeurs, a survécu parce qu’il sert de socle aux voies ferrées de la gare ; il est inscrit monument historique depuis le 21 décembre 1944. Des pans du rempart restent visibles rues du Rempart-Tivoli, Berlier et Diderot, avec de petites portes en hauteur qui menaient à la promenade. La porte Guillaume, arc de triomphe achevé en 1788, rappelle l’une des anciennes entrées, et les rues Jeannin, Jean-Jacques-Rousseau, Monge et Berbisey conduisaient autrefois aux portes médiévales.
Pour aller plus loin
Les bastions Saint-Pierre, de Guise, Saint-Nicolas et de Saulx sont élevés de 1515 au milieu du XVIe siècle. La démolition s’étale de 1824 à 1897 ; ses fossés et ses murs laissent place aux boulevards qui entourent le centre. Le bastion de Guise, rue des Corroyeurs, est le dernier bastion conservé ; des pans de rempart subsistent aussi rues du Rempart-Tivoli, Berlier et Diderot.
Pour approfondir
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Ouvrir le dossier ↗Ville de Dijon : quartier centre-ville
Sources
- Ville de Dijon, VAH : dossier pédagogique Moyen Âge
- Inventaire du patrimoine, Région BFC : fortifications de Dijon
- Archives municipales de Dijon : répertoire du débastionnement
- Ville de Dijon : Dijon Mag n° 374 (Gustave Eiffel)
- Inventaire du patrimoine, Région BFC : bastion de Guise
- Inrap : Dijon, du Suzon à la porte Saint-Nicolas (XIVe-XVIe siècles)
- Inrap : les anciennes promenades du rempart Saint-Nicolas
- Ville de Dijon : quartier centre-ville