Époque · Dijon devient française
Rue des Forges et hôtel Chambellan
Seconde moitié du XVe siècle
L’essentiel
Un hôtel gothique flamboyant bâti pour Henri Chambellan, maire de Dijon de 1490 à 1493, dans l’une des plus anciennes rues de la ville.
L’anecdote
Dans la cour, le noyau de l’escalier en vis se termine par la statue d’un jardinier, signe de distinction de son propriétaire.
L’histoire en détail
Au XVe siècle, des membres de l’entourage ducal s’installent dans la rue des Forges, l’un des plus anciens axes de Dijon, à proximité de la résidence des ducs. Selon l’office de tourisme, l’hôtel Chambellan témoigne de la richesse d’une famille de marchands drapiers. Son propriétaire, Henri Chambellan, devient maire : depuis la charte de commune accordée en 1187 par le duc Hugues III, les Dijonnais élisent un maire et des échevins, chargés notamment de la justice, des fortifications et de la défense.
Tout se joue dans la cour, que l’on rejoint par un long couloir voûté d’ogives. La façade du logis y est un exemple exceptionnel de gothique flamboyant. Les deux corps de logis sont reliés par une galerie de bois à deux étages, aux baies ajourées et aux clés pendantes, des ornements qui descendent sous le sommet des arcs. Leurs escaliers sont bâtis « hors œuvre », c’est-à-dire à l’extérieur des logis : une architecture par juxtaposition encore courante au XVIe siècle.
Plusieurs détails imitent le château : la lucarne passante, une fenêtre qui s’élance du haut du mur en coupant la corniche du toit, porte les armes du propriétaire, et une pièce haute couronne la tourelle d’escalier. L’escalier en vis, en pierre ajourée et ouvert sur la cour, affiche lui aussi le rang du maître des lieux. Tout en haut, le jardinier sculpté porte une corbeille d’où jaillissent les nervures de la voûte.
Classé monument historique le 13 juin 1913, l’hôtel voit sa chapelle classée à son tour le 14 avril 1917. On le trouve aussi nommé « hôtel des ambassadeurs d’Angleterre », sans que l’origine de ce nom soit connue. Présenté comme privé par l’office de tourisme, il s’ouvre parfois au public, par exemple lors des Journées européennes du patrimoine ; le reste du temps, on respecte la tranquillité des habitants.
La rue garde d’autres témoins : au 52-54, l’hôtel Morel-Sauvegrain, du milieu du XVe siècle, bâti pour la famille de Simone Sauvegrain, nourrice de Charles le Téméraire et gouvernante de sa fille Marie de Bourgogne ; au 38, la maison Maillard-Milsand, dont le portique de la cour à atlantes, des statues d’hommes servant de colonnes, réalisé vers 1565, est attribué avec certitude à Hugues Sambin ; enfin, à l’angle de la rue du Rabot, la maison Pitard, à pans de bois, occupée autrefois par un potier d’étain.
Pour aller plus loin
La rue des Forges doit son nom aux artisans qui y travaillaient. On y trouve aussi l’hôtel Aubriot, dont les caves voûtées servaient aux dépôts de la maison de change, et l’office de tourisme, au numéro 11.
Pour approfondir
Le dossier officiel le plus complet sur ce lieu, avec plans, illustrations et détails.
Ouvrir le dossier ↗Ville de Dijon, VAH : les hôtels particuliers (PDF)