De Divio à Dijon

Époque · La ville des parlementaires

Maison des Cariatides

Fin du XVIe - début du XVIIe siècle

L’essentiel

Une façade dans la tradition d’Hugues Sambin, ornée de statues de femmes qui portent l’entablement : les cariatides.

L’anecdote

Un chaudron est sculpté au centre de la façade, rue Chaudronnerie, la rue des chaudronniers.

L’histoire en détail

Pour comprendre cette façade, il faut revenir à la Renaissance dijonnaise. Après le rattachement de la Bourgogne au royaume de France en 1477, Dijon devient la capitale d’une province frontière. Dans l’architecture, les références antiques s’imposent et l’Italie devient le modèle à imiter. Dans la seconde moitié du XVIe siècle, un artiste domine la création locale : Hugues Sambin. Menuisier, dessinateur, graveur, hydraulicien, ingénieur militaire et civil, il se dit aussi architecte, et l’on retrouve sa main ou son influence sur de nombreux chantiers de la ville. En 1572, il publie un recueil consacré aux « termes », ces figures humaines sculptées dont le corps se termine en gaine.

La maison du 28 rue Chaudronnerie s’inscrit dans cette tradition, mais aucune des sources consultées ne l’attribue à Sambin lui-même. La base nationale des Monuments historiques l’appelle aussi « maison Pouffier ». Quant à la date de 1603, parfois avancée, aucun document ne la confirme. La Ville, elle, a choisi sa façade pour illustrer son parcours consacré à la Renaissance.

Son décor est un vrai catalogue de motifs. L’office de tourisme y relève des cariatides vêtues d’une longue tunique, mais aussi des atlantes, leurs équivalents masculins, des guirlandes végétales et un lion. Le chaudron sculpté au centre symbolise l’activité des riches marchands qui ont fait bâtir la maison. Au XIXe siècle, un dessinateur anonyme relève le détail de ces sculptures à la mine de plomb : son dessin est conservé à la Bibliothèque nationale de France.

Pour mesurer le goût de l’époque, il suffit de faire quelques pas dans la même rue. Au n° 1, l’hôtel Bénigne Malyon, élevé dans les années 1560-1570, porte le nom d’un riche marchand, sans doute son commanditaire. Sa façade à bossages rustiques, c’est-à-dire aux pierres en saillie, est unique à Dijon, et des termes ornent ses lucarnes, les fenêtres du toit. Classée monument historique le 13 juillet 1911, la maison des Cariatides abrite aujourd’hui un restaurant, et sa façade reste visible de tous depuis la rue.

Pour aller plus loin

Elle est attribuée à la famille Pouffier, de riches marchands. Les sources la datent de la seconde moitié du XVIe siècle ou du XVIIe siècle.

Pour approfondir

Le dossier officiel le plus complet sur ce lieu, avec plans, illustrations et détails.

Ouvrir le dossier ↗

Ville de Dijon, VAH : parcours Renaissance (PDF)

Sources