Époque · L’âge d’or des ducs Valois
Talant
Fondé en 1208
L’essentiel
En 1208, le duc Eudes III crée sur la butte une ville fortifiée et un château pour abriter son trésor et ses archives.
L’anecdote
Un dicton local dit : « Qui voit Talant n’est pas dedans ».
L’histoire en détail
Perché à 353 m d’altitude, à l’ouest de Dijon, l’éperon rocheux de Talant offre par temps clair une vue qui porte jusqu’au Jura, voire jusqu’au mont Blanc. Jusqu’au XIIe siècle pourtant, le « mans de Talant » est un lieu inhabité, presque maudit, que l’on dit fréquenté par les fées. Il appartient alors à l’abbaye Saint-Bénigne. Eudes III y cherche un abri plus sûr que son palais ducal de Dijon. Au nord du château, il fonde une ville neuve fortifiée et un prieuré pour quelques moines de Saint-Bénigne.
Pour peupler sa ville neuve, le duc accueille les serfs qui fuient l’oppression de leur seigneur, attirés par la liberté. En novembre 1216, il accorde aux habitants une charte de commune : ils s’administrent eux-mêmes et sont dispensés d’impôt et de service militaire. À la mort du duc, en septembre 1218, son épouse Alix de Vergy administre le duché jusqu’à la majorité de leur fils Hugues IV. En 1376, Talant compte 134 feux, soit environ 700 habitants. Deux foires et un marché s’y tiennent, facilités par des changeurs lombards, c’est-à-dire des banquiers.
Le château réunissait un grand corps de logis de 45 m sur 11 m, flanqué de deux tours rondes et couvert de tuiles polychromes, des communs, un cellier et une chapelle reliés par une galerie couverte. Jean sans Peur, qui n’y a sans doute jamais séjourné, le jugeait « le plus beau, le plus seigneurial, et l’une des clefs de mon duché ». On entrait dans la ville par la porte Dijonnaise, défendue par un pont-levis et deux tours rondes et réservée aux piétons et aux cavaliers, ou par la porte des Arbalétriers, la seule où passaient les chariots. Après les guerres de Religion, la forteresse paraît trop menaçante pour Dijon : c’est la raison de son démantèlement.
Il en reste peu, mais l’essentiel se voit encore. La tour de la Confrérie, qui gardait la porte Dijonnaise, et la base de la tour du Chapitre ont échappé à la démolition ; dans cette tour, une borne de 1570 porte les armes de Dijon. Le cellier du château, une cave voûtée de 25,80 m de long où vieillissait le vin, tombe peu à peu dans l’oubli après la démolition. Redécouvert en 1848, il est restauré à partir de 1971 et rouvert en septembre 1983. L’église Notre-Dame, bâtie sous le patronage de l’abbé de Saint-Bénigne, est présentée par la commune comme la première église gothique du duché ; elle est classée monument historique en 1908. Elle abrite un orgue construit en 1958 pour Taizé et acheté par Talant en 1974, ainsi que des vitraux figuratifs de Gérard Garouste, qui rendent hommage aux femmes de la Bible.
Pour aller plus loin
L’enceinte mesurait 1 100 m et comptait 33 tours. Le château, achevé en 1214, est démantelé en 1598 sur ordre d’Henri IV. L’église Notre-Dame, commencée en 1208, domine toujours le village.
Pour approfondir
Le dossier officiel le plus complet sur ce lieu, avec plans, illustrations et détails.
Ouvrir le dossier ↗Office de tourisme : église Notre-Dame de Talant