De Divio à Dijon

Époque · Le siècle du canal et du train

Gare de Dijon-Ville

1851

L’essentiel

En 1851, la ligne Paris-Lyon arrive à Dijon : la ville devient un carrefour ferroviaire de l’Est.

L’anecdote

En 1897, l’historien Henri Chabeuf date de 1851 le réveil de Dijon à la vie moderne.

L’histoire en détail

Pour que la ligne Paris-Lyon passe par Dijon, il fallait d’abord vaincre le relief : entre Blaisy-Bas et Baulme-la-Roche, la voie doit franchir la ligne de partage des eaux entre l’Atlantique et la Méditerranée, vers 500 mètres d’altitude. De 1846 à 1851, 2 000 ouvriers y percent le tunnel de Blaisy depuis 23 puits, dont le plus profond descend à 200 mètres. Long de 4 114 mètres, il reste une vingtaine d’années le plus long tunnel du monde. Une fiche de l’Inventaire des tunnels ferroviaires attribue le chantier à « l’ingénieur Darcy ».

En ville, la gare et ses voies obligent à démolir une partie des fortifications, mais on épargne le bastion de Guise, un ouvrage de défense en pointe. Il avait été élevé en 1547 et 1548 sur les plans de l’ingénieur italien Girolamo Bellarmato, à la demande de Claude de Guise, gouverneur de la Bourgogne, puis transformé au XVIIIe siècle en promenade plantée d’arbres. Inscrit aux monuments historiques le 21 décembre 1944, il montre toujours ses murs en pierre de taille rue des Corroyeurs. Tout près, rue Monge, un pont ferroviaire orné des armoiries de la ville et de la Bourgogne marque la limite entre les anciens remparts de Tivoli et de la Miséricorde.

Pendant la Grande Guerre, Dijon-Ville et la gare Porte-Neuve, ouverte en 1872, deviennent des plates-formes de transit pour les blessés, les permissionnaires et les réfugiés des régions occupées du Nord. Ouvert le 15 avril 1916, le « Poilus-Palace » n’est pas qu’une cantine : on peut aussi s’y reposer, s’y laver et s’y détendre. Les 5 juillet et 10 août 1944, des bombardements britanniques visent les voies et le triage de Perrigny-lès-Dijon : 582 maisons sont sinistrées et 184 détruites. Le 7 septembre, la gare perd dans l’explosion sa grande halle de métal et de verre.

Dès 1945, on se contente d’installations provisoires : la construction d’un nouveau bâtiment des voyageurs n’est lancée qu’en 1960. Inaugurée en juillet 1963, la gare actuelle est l’œuvre des architectes parisiens Alfred Audoul et Paul Peirani. Son hall d’accueil rond fait référence à la rotonde de Saint-Bénigne, et sa silhouette lui vaut vite le surnom de « cocotte minute ». Une ossature de poteaux et de poutres en béton armé dégage la vaste salle des pas perdus et ses grands vitrages, et les façades sont plaquées de pierre de Buxy.

Depuis 2012, la gare est aussi le point de départ de la ligne T1 du tram. De 2020 à 2022, des travaux de 39,4 millions d’euros l’ont rendue accessible à tous : chaque quai a désormais son ascenseur, sa rampe et son escalier. Environ 16 000 voyageurs et 360 trains y passent chaque jour.

Pour aller plus loin

La gare est bâtie sur une partie des fortifications : le bastion de Guise sert de socle aux voies. Pendant la Grande Guerre, plus de six millions de soldats passent par sa cantine, le « Poilus-Palace ». Les Allemands en retraite la détruisent le 7 septembre 1944.

Pour approfondir

Le dossier officiel le plus complet sur ce lieu, avec plans, illustrations et détails.

Ouvrir le dossier ↗

Ville de Dijon, VAH : parcours XIXe siècle (PDF)

Sources