De Divio à Dijon

Époque · Le siècle du canal et du train

Grand Théâtre

1810 - 1828

L’essentiel

Un théâtre néoclassique commencé en 1810 et achevé en 1828. Il fait aujourd’hui partie de l’Opéra de Dijon.

L’anecdote

Il a été construit sur le cloître de l’ancienne Sainte-Chapelle des ducs, démolie en 1802.

L’histoire en détail

Avant le Grand Théâtre, Dijon allait au spectacle dans un ancien jeu de paume, la salle des Barres, rue du Grand-Potet, l’actuelle rue Buffon, achetée par la Ville en 1717. Jusqu’en 1817, le public y assiste debout. Étroite et difficile à évacuer, la salle fait peur : un mémoire de 1800 rappelle qu’une fausse alerte, quelques années plus tôt, a bloqué les couloirs et que, par miracle, personne n’est mort étouffé. Dès 1786, un arrêt du Conseil du roi accorde à la Ville l’ancien couvent des Jacobines pour une nouvelle salle, dessinée par l’architecte dijonnais Jacques Cellerier. Mais l’évêque s’y oppose en 1788, puis la Révolution fige tout. En 1803, la municipalité choisit finalement l’emplacement de la Sainte-Chapelle.

Le projet de Cellerier, adopté en 1809, prévoit 1 256 places, contre 856 dans l’ancienne salle. Mais l’entrepreneur, que la Ville tarde à payer, arrête le chantier dès 1811, et Cellerier meurt en 1814. Selon la Ville, les travaux reprennent en 1821 : l’ingénieur Simon Vallot modifie alors la forme de la salle pour que l’on voie mieux la scène depuis les loges. Colonnes et corniche sont taillées dans une pierre du Jura venue de Damparis par le canal, les chapiteaux sont sculptés par le Parisien Jean-Baptiste Plantar, et Ciceri, célèbre décorateur de l’Opéra de Paris, fournit décors et machinerie. Le théâtre, qui a coûté 624 559 francs, est inauguré le 4 novembre 1828, jour de la fête du roi Charles X, avec une pièce du poète dijonnais Charles Briffaut.

Derrière son portique de huit colonnes corinthiennes, inspiré de l’Antiquité comme le voulait la mode de l’Empire, le bâtiment de pierre s’étire sur 61 mètres. La salle à l’italienne, en forme de U, superpose trois balcons et des loges d’avant-scène. Elle n’a cessé d’évoluer : galeries et loges redessinées en 1855, électricité à la place du gaz en 1900, premier balcon reconstruit en béton armé en 1934, rénovation complète en 1970, avec une réouverture le 3 novembre sur Rigoletto. Depuis 2005, elle compte 692 places.

Inscrit aux monuments historiques en 1975 pour ses façades et ses toitures, le théâtre s’associe en 2002 à l’Auditorium. Leur structure commune, baptisée Opéra de Dijon en 2008, est labellisée Théâtre lyrique d’intérêt national en 2017. Depuis 2021, la Ville mène une rénovation en plusieurs étapes, sous la direction de l’architecte du patrimoine Fabien Drubigny. Place du Théâtre, sa colonnade voisine avec l’aile du musée des Beaux-Arts achevée en 1856.

Pour aller plus loin

La première pierre est posée le 2 décembre 1810. Avec l’Auditorium, le Grand Théâtre forme aujourd’hui l’Opéra de Dijon.

Pour approfondir

Le dossier officiel le plus complet sur ce lieu, avec plans, illustrations et détails.

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Inventaire du patrimoine, Région BFC : théâtre municipal

Sources