Époque · Guerres, Libération et chanoine Kir
Les Halles
1873 - 1875
L’essentiel
Le grand marché couvert de Dijon, en verre et en fonte, bâti sur l’ancien couvent des Jacobins qui abritait déjà un marché.
L’anecdote
La société Eiffel a proposé le principe de quatre pavillons séparés par deux rues en croix ; l’architecte de la ville, Louis-Clément Weinberger, en a dessiné les plans.
L’histoire en détail
Les halles naissent dans une ville en pleine croissance : au XIXe siècle, la population de Dijon est multipliée par 3,5 en moins de cent ans. Dès 1868, l’entreprise de Gustave Eiffel, le célèbre ingénieur né à Dijon en 1832, propose des plans pour un grand marché couvert. Le chantier ne s’ouvre pourtant qu’en 1873, à la place de l’ancien couvent des Jacobins, qu’il faut démolir avec son église.
Selon l’office de tourisme, la charpente sort des fonderies et ateliers de construction de Fourchambault, dans la Nièvre, et la toiture s’inspire de celle des halles centrales de Paris. Comme d’autres bâtiments dijonnais de l’époque, les halles associent le métal à des croix de Saint-André, ces pièces posées en X qui empêchent la structure de se déformer. Préfabriqué et économique, le métal entre alors peu à peu, avec le verre, dans l’architecture : les halles sont un véritable manifeste de ce nouvel art de bâtir.
De l’extérieur, l’édifice emprunte à l’architecture classique : des arcades se succèdent, portées par des colonnes cannelées dont les chapiteaux sont décorés de sarments de vigne. L’ensemble repose sur un soubassement en pierre de taille, avec des panneaux de briques de plusieurs couleurs aux motifs « Jacquart » et de grandes portes en arc. Dans les écoinçons, ces triangles entre les arcs, on reconnaît des têtes de cerf, de mouflon, de sanglier et de bœuf, du gibier, des volailles, des poissons et des anguilles, ainsi que les médaillons de Cérès, déesse des moissons, et d’Hermès, dieu du commerce.
Un siècle après leur construction, les halles échappent à la démolition et sont inscrites aux monuments historiques le 29 octobre 1975. Elles occupent toujours l’îlot bordé par les rues Bannelier, Claude-Ramey, Odebert et Quentin, et restent un haut lieu de la gastronomie locale et de la convivialité, où se tiennent aussi des rendez-vous comme le marché de la truffe de décembre 2023. La station de tram toute proche s’appelle d’ailleurs « Godrans Les Halles ».
Pour aller plus loin
Leur décor de fonte montre des têtes de bétail, des fruits et les armes de la ville. Menacées de démolition, elles sont protégées aux monuments historiques en 1975.
Pour approfondir
Le dossier officiel le plus complet sur ce lieu, avec plans, illustrations et détails.
Ouvrir le dossier ↗Ville de Dijon : les halles centrales