Époque · Dijon devient française
Notre-Dame de Dijon
Vers 1220 - années 1240
L’essentiel
L’église de la commune, à la façade-écran unique en France pour le gothique, ornée de 51 fausses gargouilles.
L’anecdote
Sur un contrefort nord, une petite chouette sculptée porte bonheur : on la touche de la main gauche, du côté du cœur, en faisant un vœu.
L’histoire en détail
Notre-Dame succède à une première église, Notre-Dame-du-Marché, qui s’élevait au même endroit ou tout près. Lancé vers 1220, le chantier est rondement mené et s’achève pour l’essentiel dans les années 1240, mais l’église n’est consacrée qu’en 1334. Au XIIIe siècle, sa paroisse, au cœur d’un quartier commerçant et à quelques pas de l’hôtel des ducs, est l’une des plus riches de Dijon. Ses bourgeois, qui participent au gouvernement de la ville, financent une grande part des travaux et affirment ainsi leur importance aux yeux de tous.
Le maître d’œuvre, dont le nom ne nous est pas parvenu, relève un défi : élever une église puissante sur une parcelle étroite. L’édifice mesure 65 m de long pour environ 20 m de large. Ses voûtes ne culminent qu’à 17,50 m, mais la finesse des supports accentue l’élan vers le haut. Il s’inspire des premières grandes cathédrales gothiques du nord de la France, comme Soissons, Noyon et Laon, et de la cathédrale d’Auxerre, bâtie à la même époque. Sous le porche, les trois portails portaient des sculptures d’une qualité exceptionnelle, rapprochées de celles de Chartres et de Strasbourg. Elles ont été méthodiquement détruites en 1794. Au-dessus, pas de grande rose entre deux tours : une double galerie d’arcatures repose sur de fines colonnettes.
Église de la commune, Notre-Dame veillait aussi sur la ville. Sa tour nord gardait les archives, son clocher servait de poste de guet pour signaler l’approche de troupes suspectes ou un départ d’incendie, et la cloche de la commune convoquait les assemblées ou sonnait le tocsin. Le Jacquemart trône au sommet de la tour sud. Lors du siège de la ville par les Suisses en 1513, puis en 1944, les Dijonnais implorent la statue de Notre-Dame de Bon-Espoir, toujours présente dans une chapelle. En 1946, Dom Robert réalise la tapisserie Terribilis, qui commémore cette double libération.
Au XIXe siècle, l’architecte Eugène Viollet-le-Duc fait de Notre-Dame un modèle de l’art de bâtir du XIIIe siècle : « un chef-d’œuvre de raison où la science du constructeur se cache sous une simplicité apparente ». De 1865 à 1884, une vaste restauration supprime les chapelles latérales, remplace la tour de la croisée par une tour-lanterne à flèche et refait 50 des 51 chimères. Cinq vitraux du XIIIe siècle sont conservés dans le transept nord, et le maître verrier Édouard Didron en crée 58 nouveaux. Le maître-autel du sculpteur Jean Dubois, jugé alors « d’un goût détestable », est remonté à côté de l’église dans une chapelle néogothique bâtie de 1877 à 1882, la chapelle de l’Assomption.
Pour aller plus loin
Le maire et les échevins se réunissaient au-dessus du porche, et la cloche du beffroi commandait les portes de la ville. Le Jacquemart, prise de guerre au beffroi de Courtrai, y sonne les heures depuis 1383. Les chimères d’origine ont été en grande partie détruites dès le XIIIe siècle, après la chute mortelle de l’une d’elles.
Pour approfondir
Le dossier officiel le plus complet sur ce lieu, avec plans, illustrations et détails.
Ouvrir le dossier ↗Ville de Dijon, VAH : Focus Notre-Dame (PDF)