De Divio à Dijon

Époque · Dijon devient française

Palais de justice (Parlement de Bourgogne)

Parlement de 1480 à 1790, salle des pas perdus 1572-1583

L’essentiel

Le Parlement de Bourgogne siège ici de 1480 à la Révolution. Le bâtiment abrite aujourd’hui la cour d’appel.

L’anecdote

Propriétaires de vignes sur la côte, les parlementaires ont contribué par leurs décisions à fixer les règles du vignoble bourguignon.

L’histoire en détail

Cour souveraine, le Parlement de Bourgogne juge, mais il cumule aussi, selon la Ville, des fonctions législatives. Ses magistrats forment une noblesse de robe : surnommés les « robins », ils exercent leurs charges de façon presque héréditaire et rachètent, transforment ou construisent de nombreuses demeures du centre-ville. L’un d’eux, le président Odinet Godran, lègue en 1581 sa fortune aux jésuites pour fonder un collège, dont les bâtiments abritent depuis 1909 la bibliothèque municipale.

Le palais s’est agrandi par ajouts successifs. On y entrait par un porche couvert d’un dôme, élevé dans la seconde moitié du XVIe siècle, qui donnait accès à la salle Saint-Louis, dite salle des pas perdus, sur laquelle s’ouvre une chapelle. La Chambre dorée, dont le plafond à caissons date de 1522, servait surtout aux audiences solennelles, les affaires ordinaires étant jugées dans la Grande Chambre. Une prison, la conciergerie, communiquait directement avec le palais.

Hugues Sambin, né à Gray vers 1520 et mort à Dijon en 1601, était à la fois menuisier, dessinateur, graveur, ingénieur et architecte. La salle Saint-Louis est en partie son œuvre, tout comme la clôture de la chapelle du Saint-Esprit. En 1583, il réalise en noyer la porte du Scrin, qui fermait le cabinet des archives : ornée de symboles de la justice et d’attributs du métier de scribe, elle est aujourd’hui exposée au musée des Beaux-Arts, salle 19.

Supprimé à la Révolution, le Parlement n’est pas remplacé. Vers 1811, la cour d’assises s’installe dans la Chambre dorée, bientôt rejointe par la cour d’appel. À partir de 1855, l’architecte Jean-Philippe Suisse restaure l’ensemble. Face à la Chambre dorée, il bâtit une salle d’assises qui lui fait pendant, car les mêmes magistrats rendent la justice civile et la justice criminelle. La salle des pas perdus reçoit alors un décor imitant le gothique, à la mode du temps, mais garde son volume ; l’architecte recentre la chapelle et sa grille sur le mur du fond et y crée une rosace.

Le classement de 1926 protège notamment la salle des pas perdus avec son porche et son perron, la salle des assises, la chambre civile et l’ancienne bibliothèque. Longtemps fermé au public, le palais récemment restauré se visite avec l’office de tourisme. Pour l’imaginer au XVIIe siècle, on peut regarder une estampe d’Israël Silvestre conservée à la bibliothèque municipale.

Pour aller plus loin

Sa façade associe un haut pignon gothique à un décor Renaissance. La porte est une copie de l’original d’Hugues Sambin, chef-d’œuvre d’ébénisterie, et la chambre dorée a un plafond à 35 caissons.

Pour approfondir

Le dossier officiel le plus complet sur ce lieu, avec plans, illustrations et détails.

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Ville de Dijon, VAH : parcours Renaissance (PDF)

Sources