De Divio à Dijon

Époque · Dijon devient française

Église Saint-Philibert

Milieu du XIIe siècle, flèche du XVIe siècle

L’essentiel

La plus ancienne église conservée de Dijon, et la seule romane, voisine de Saint-Bénigne.

L’anecdote

Après la Révolution, elle sert d’écurie puis d’entrepôt à sel. C’est ce sel qui a fini par ronger la pierre.

L’histoire en détail

Saint-Philibert est bâtie au XIIe siècle « à l’ombre de l’abbaye Saint-Bénigne », sa puissante voisine, mais d’autres édifices l’ont précédée. En 1923, on a découvert les restes d’une abside estimée du XIe siècle. En 2024, les archéologues de l’Inrap ont mis au jour deux murs aux pierres posées en « arêtes de poisson », interprétés comme l’angle d’une première église fondée vers le Xe siècle. Le sol de l’église de l’an Mil recouvrait encore six sarcophages : quatre de la fin de l’Antiquité, dont un au couvercle sculpté, et deux de l’époque mérovingienne, entre le VIe et le VIIIe siècle.

Ses origines romanes se lisent encore malgré bien des retouches. Le portail latéral, rue Danton, est orné de rinceaux, ces motifs de feuillages enroulés, finement sculptés à la fin du XIIe siècle. À l’intérieur règne la sobriété : nef et bas-côtés couverts de voûtes d’arêtes, pilastres nus, chapiteaux simples et coupole posée sur trompes, de petites voûtes d’angle. Entre le XIIIe et le XVIIe siècle, l’église reçoit un porche, deux chapelles latérales et, au XVIe siècle, une flèche de pierre de style flamboyant, aux lignes ondulantes comme des flammes.

Elle tient aussi sa place dans la vie de la commune. Chaque 23 juin, veille de la Saint-Jean, le peuple réuni dans le cimetière Saint-Bénigne, devant Saint-Philibert, élit le maire, dont l’investiture s’est un temps déroulée sous le porche de l’église.

Désaffectée à la Révolution, l’église devient écurie, dépôt de vivres, magasin de salpêtre et entrepôt à sel. En 1825, on lui retire son abside et ses absidioles pour percer la rue des Vieilles-Étuves, ce qui fragilise le clocher. Classée monument historique en 1862, elle est aménagée en salle culturelle à partir de 1972. Mais une dalle chauffante en béton, posée au début des années 1970, fait remonter le sel jusque dans les piliers, dont les pierres éclatent. C’est pour vérifier leurs fondations que les sondages de 2024 sont descendus jusqu’à 3 mètres de profondeur.

Ouverte chaque année aux Journées du patrimoine depuis 2002, elle accueille aux beaux jours des expositions d’art contemporain coordonnées par le musée des Beaux-Arts. Le 4 juillet 2015, elle devient l’un des neuf lieux dijonnais retenus dans les « Climats du vignoble de Bourgogne », inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco.

Pour aller plus loin

Paroisse des vignerons, près d’un quart de la population à la fin du Moyen Âge, elle a vu la ville recevoir sa charte de commune en 1187. Fermée en 1979, elle accueille depuis 2011 la création contemporaine. Elle fait partie des Climats inscrits à l’UNESCO.

Pour approfondir

Le dossier officiel le plus complet sur ce lieu, avec plans, illustrations et détails.

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Ville de Dijon, VAH : dossier pédagogique Moyen Âge (PDF)

Sources