De Divio à Dijon

Époque · Dijon aujourd’hui

De l’hôpital à la Cité de la gastronomie

1204, Cité inaugurée le 6 mai 2022

L’essentiel

Selon la tradition, le duc Eudes III fonde en 1204 l’hôpital du Saint-Esprit, sur une île de l’Ouche. Devenu hôpital général, il accueille depuis 2022 la Cité internationale de la gastronomie et du vin.

L’anecdote

Le centre d’interprétation de la Cité s’appelle « Le 1204 », en souvenir de la fondation de l’hôpital.

L’histoire en détail

La Ville présente elle-même la naissance de l’hôpital comme une légende : au retour d’une croisade, le duc Eudes III aurait réchappé à une violente tempête et fait le vœu de fonder à Dijon un hôpital pour les enfants abandonnés. L’hôpital du Saint-Esprit s’élève aux portes de la ville, au bord de la route du sud, et son île le tient à l’écart. Il accueille enfants abandonnés et pèlerins. Autour de la salle des malades et de l’église se serrent un logis pour les religieux, des bâtiments de service et des jardins : tout cet ensemble est détruit au tournant des années 1780.

La chapelle Sainte-Croix-de-Jérusalem, bâtie en 1459, se dressait au milieu du cimetière de l’hôpital : on y exposait les morts avant de les enterrer. Les agrandissements du XVIIe siècle l’ont épargnée en l’entourant de nouveaux bâtiments, autour de la cour Jérusalem. En 1504 commence la construction d’une grande salle des malades. Au XVIe siècle, pour lutter contre les épidémies de peste, la ville fonde aussi l’hôpital Notre-Dame de la Charité, puis un orphelinat, l’hôtel Sainte-Anne. Réunis en 1669 sous le nom d’hôpital général, ces établissements forment au XVIIIe siècle le plus important hôpital de Dijon. Vers 1720, Jean de Berbisey, premier président du Parlement de Bourgogne, finance la terrasse qui porte son nom.

L’apothicairerie, ancêtre de nos pharmacies, servait à ranger les produits médicinaux et à préparer les remèdes. Celle qui nous est parvenue date du début des années 1690, avec ses pots en faïence dont une soixantaine est datée de 1741. Au XIXe siècle, l’hôpital se médicalise : une école de médecine est bâtie en 1838, et le petit dépositoire, l’ancienne morgue, se reconnaît au sablier et aux torches renversées sculptés sur sa façade. Froide et pleine de courants d’air, la grande salle des malades est très critiquée : en 1842, on décide d’en faire une chapelle, dont la façade, déjà ornée du groupe sculpté de La Charité, est surélevée et coiffée d’un clocher-mur.

En 1947, la décision est prise de bâtir un nouvel hôpital sur le site du Bocage. Pour la reconversion, la Ville retient le groupe Eiffage le 15 décembre 2014, puis achète le site au CHU le 25 janvier 2016. Signature du projet de l’agence Béchu & Associés, le « canon de lumière » en acier Corten se tourne vers la ville et abrite l’école de cuisine Ferrandi Paris. Aujourd’hui, on peut entrer dans la chapelle Sainte-Croix-de-Jérusalem, voir l’apothicairerie remontée dans Le 1204, flâner sur la terrasse Berbisey, entre l’arbre de la Liberté, un platane planté en 1798, et une réplique du Puits de Moïse, puis découvrir la grande chapelle, devenue la « chapelle des Climats et des terroirs ».

Pour aller plus loin

Il ne reste rien de l’hôpital de 1204 ; la chapelle de 1459 est l’élément le plus ancien conservé. Les derniers patients partent en 2015. La Cité occupe 6,5 hectares et présente le repas gastronomique des Français, inscrit à l’UNESCO en 2010.

Pour approfondir

Le dossier officiel le plus complet sur ce lieu, avec plans, illustrations et détails.

Ouvrir le dossier ↗

Ville de Dijon, VAH : Focus hôpital général (PDF)

Sources