Époque · La ville des parlementaires
Hôtel de Vogüé
À partir de 1614
L’essentiel
Bâti pour Étienne Bouhier, conseiller au Parlement, l’un des hôtels particuliers les plus emblématiques de Dijon, coiffé de tuiles vernissées.
L’anecdote
Ses toits ont fait école : l’hôtel de Frasans, rue Jeannin, les a imités.
L’histoire en détail
L’hôtel de Vogüé raconte l’ascension d’un groupe social. Depuis le rattachement de la Bourgogne au royaume en 1477, Dijon est capitale de province, siège des États de Bourgogne et des cours souveraines, dont le Parlement. Les magistrats de ces cours, surnommés les « robins » et issus de la noblesse de robe, se font bâtir de vastes demeures : plus d’une centaine d’hôtels particuliers sont encore conservés. Étienne Bouhier, conseiller au Parlement et grand amateur d’art, fait commencer celui-ci en 1614. Sa famille, qui occupe de hautes fonctions, fait construire ou transformer de nombreux hôtels dijonnais. La base nationale des Monuments historiques mentionne de son côté des campagnes de travaux en 1607 et 1635.
Construit entre cour et jardin, la disposition la plus prestigieuse, inspirée des modèles parisiens, l’hôtel a pesé sur toute l’architecture privée de la ville par son plan, la régularité de ses ouvertures et un décor raffiné proche de la Renaissance italienne. Pour la Ville, il annonce aussi le classicisme qui apparaît au tournant du XVIIe siècle. Côté rue, un porche scandé de bossages, des pierres en saillie, ouvre sur une cour au portique sculpté. Les toits portent dès l’origine des tuiles vernissées : lors de leur restauration en 1963, le motif en losanges a été légèrement modifié, mais la composition en quatre couleurs a été conservée.
À l’intérieur, la salle des Gardes, ancienne pièce de réception, conserve un plafond à la française, c’est-à-dire à poutres apparentes, dont le décor encadre des paysages et des scènes champêtres. Sa grande cheminée de 1614 se distingue par ses sculptures et ses incrustations de marbres de plusieurs couleurs. La pièce suivante, couverte de boiseries sur toute sa hauteur, possède une cheminée qui représente l’enlèvement de Proserpine, un épisode de la mythologie antique.
La demeure évolue ensuite : elle est agrandie en 1690 et son portail est percé en 1717. Elle passe par mariage à la famille de Vogüé, en 1766 selon l’office de tourisme, et en garde le nom. Classée monument historique le 5 janvier 1911, elle abrite aujourd’hui la direction des ressources humaines de la Ville. On la trouve au 8 rue de la Chouette, au chevet de l’église Notre-Dame.
Pour aller plus loin
Son élément unique en France est un portique traité en arc de triomphe, au revers du mur de clôture, qui porte une terrasse. Propriété de la Ville depuis 1961, il abrite des services municipaux.
Pour approfondir
Le dossier officiel le plus complet sur ce lieu, avec plans, illustrations et détails.
Ouvrir le dossier ↗Ville de Dijon : l’hôtel de Vogüé