Époque · La ville des parlementaires
Église Saint-Michel
Vers 1500, façade 1520-1667
L’essentiel
Une église gothique derrière une façade Renaissance, aux portails sculptés et aux colonnes des ordres antiques.
L’anecdote
Il a fallu près de 150 ans de chantier pour achever sa façade.
L’histoire en détail
Au Moyen Âge, comme autour de Notre-Dame, merciers, drapiers et marchands de chandelles installent leurs étals le long de Saint-Michel et dans son cimetière. À la fin du XVe siècle, la paroisse lance une reconstruction complète : commencée en 1499, la nouvelle église est consacrée le 29 juillet 1529, alors que le grand porche de la façade est encore loin d’être couvert. Son maître d’œuvre serait un maçon dijonnais, Louis Gilbert, mort en 1528.
La façade raconte l’arrivée de la Renaissance. Les trois portes et le bas des porches sont encore gothiques, puis, vers 1535, le chantier adopte pleinement le nouveau style. Des dates gravées jalonnent les travaux : 1537 au-dessus de l’arc du porche sud, 1540 sur le battant de la porte nord, 1541 sur la tour sud, 1551 au-dessus du porche central, 1557 sur la tour nord. La tour sud superpose les ordres antiques, avec un style de colonnes différent à chaque étage : une idée encore exceptionnelle en France à cette époque.
Le porche central est le plus ambitieux. Sa voûte à caissons, peuplée d’anges, est percée en son centre d’une ouverture qui monte par un puits jusqu’à une lanterne. Le tympan du Jugement dernier est commandé le 13 juillet 1551 et sculpté sur place. Sous la statue de saint Michel, le socle sculpté vers 1535 montre des scènes mythologiques, dont Minerve, Vénus et deux Apollon, certaines inspirées de Raphaël ; aux extrémités de la façade, Hercule affronte le taureau de Crète et le lion de Némée. Gravée au porche central et sur l’arc du porche nord, la devise « IEN SVIS DE LOISIR » désigne un généreux donateur, Jean de Loysie.
Faute d’argent, les travaux s’arrêtent en 1571 et laissent les tours inachevées ; ils reprennent en 1634, et la Ville date de 1667 la fin de la façade. À la Révolution, les écus armoriés du portail sont martelés. L’église est classée monument historique dès 1840. À l’intérieur, contre le mur est du bras sud du transept, subsiste le cadre sculpté du retable des Trépassés, dédié aux âmes du purgatoire et réalisé entre 1530 et 1534 par le sculpteur Jean Damotte avec le maître maçon Jean Brouhée. Des tableaux des XVIe et XVIIe siècles et une chaire du XVIIIe siècle complètent le décor.
Pour aller plus loin
Le portail central a pour thème le Jugement dernier. L’église abrite une Mise au tombeau du XVe siècle.
Pour approfondir
Le dossier officiel le plus complet sur ce lieu, avec plans, illustrations et détails.
Ouvrir le dossier ↗Ville de Dijon, VAH : parcours Renaissance (PDF)
Sources
- Ville de Dijon, VAH : parcours Renaissance
- Office de tourisme : église Saint-Michel
- Bibliothèque municipale de Dijon : Mémoires de la Commission des antiquités de la Côte-d’Or, t. XXXVI (abréviations, article sur Saint-Michel)
- Ville de Dijon : brochure des Journées européennes du patrimoine 2024
- POP (Mérimée) : église Saint-Michel